« Ardèle ou la Marguerite » vue par Mathilde Flament-Mouflard

Pour une troupe « amateur », le résultat est impressionnant. D’amateurs, ils n’ont d’ailleurs que le nom : à raison de trois répétitions par semaine, la troupe travaille depuis octobre à une adaptation d’Ardèle ou la Marguerite, de Jean Anouilh, qu’ils ont partiellement coupée et réécrite afin de la présenter à quatre reprises sur la scène du théâtre Naldini, à Levallois, du 15 au 18 janvier 2017.

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Photo de gauche à droite : Ameziane Bouzid, Clotilde Parlos, François Fluhr et Pierre Lamy 

Cette pièce, ce sont les trois metteurs en scène, Ameziane Bouzid, Luna Benhamou et Pierre Lamy, qui l’ont choisie durant l’été. « Il fallait une pièce où les personnages avaient des rôles équivalents, et on aime bien prendre des textes un peu inconnus pour les revisiter et les faire découvrir aux gens. » explique Luna, qui interprète les rôles d’Ada et de la Femme du Général. « Ce qui nous a séduit, c’est le mélange du grotesque et du tragique au milieu de la même réplique. Ce qui est particulièrement intéressant dans la pièce, ce sont les personnages très caricaturaux mais aussi très humains. Il y a vraiment la limite entre la dérision et l’absurde de la réalité. » ajoutent Pierre et Ameziane, qui jouent respectivement le Comte et le Général.

« On a beaucoup travaillé sur l’improvisation : on a fait improviser les acteurs et au fur et  mesure que ça avançait, on fixait le texte. On trouvait les personnages tellement intéressants qu’on a voulu les exploiter au maximum pour que ça rende vraiment l’impression d’un grand foyer. » La notion se retrouve justement dans la troupe, dont les valeurs sont « l’esprit de famille et l’exigence ». Pour Pierre, « l’amateurisme n’est pas une excuse. On est amateurs mais au sens noble, au sens de  »celui qui aime ». Et quand on aime on est exigent : l’exigence c’est celle de la pièce, pas celle du niveau que l’on veut avoir. » La troupe comporte vingt-et-un membres dont neuf acteurs, allant de la L3 au M2. « C’est la seule association du CELSA qui soit intergénérationnelle, il y a des gens très différents mais on est tous liés. On a vraiment l’esprit d’équipe, on travaille, on crée ensemble et on est une bande d’amis. C’est un échange permanent. »

Cet échange, les comédiens ne l’ont pas seulement entre eux mais aussi avec le public. Pendant l’heure et quart que dure la pièce, l’auditoire est réactif, suspendu à ce qu’il se passe sur le plateau. On rit de bon cœur, on sourit amèrement quand ça parle d’amour et si parfois le jeu crie un peu trop, le ton est donné dès le début, et il est juste. L’harmonie est éminente et lorsque les lumières s’éteignent, les applaudissements viennent longuement saluer la prestation remarquable de la troupe.

Mathilde Flament-Mouflard
Etudiante en L3 LLCER Anglais à Paris IV
Retrouvez la ici.

A propos de l'auteur
L'Entracte est la troupe de théâtre du CELSA, école de communication de Paris-Sorbonne. Composée d'étudiants amateurs, la troupe se renouvelle tous les ans et propose, en deux mois et demis, de monter une nouvelle pièce. De septembre à juin, l'aventure de l'Entracte est pleine de représentations à Paris et dans de nombreux festivals de théâtre ! Ces saltimbanques traversent donc la France avec la légendaire carriole de feu, symbole de notre troupe, qui transporte nos décors par monts et par vaux ! Délurés, déterminés et ambitieux, les membres de la troupe s'efforcent de toujours présenter une pièce de bonne facture. C'est toujours avec le sourire aux lèvres et l'énergie au ventre que la passion pour le théâtre et l'énergie de la troupe se transmettent de générations en générations, depuis douze ans maintenant.

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