La parole aux metteurs en scène

Romain Trevisan et Sandra Provasi, les deux metteurs en scène de la nouvelle pièce de L’Entracte, nous ont ont ouvert leurs portes, et reviennent pour vous sur le choix de la pièce, leur état d’esprit, et leur histoire avec la troupe.

Pourquoi cette pièce ?

Romain : Pour dire vrai, nous ne connaissions que de nom cet auteur avant de choisir cette pièce. En fait, nous recherchions un texte capable d’accueillir une dizaine de comédiens pendant 1h30, majoritairement des filles (j’ai un quota) et où l’on puisse s’éclater. En plus, quand on a découvert que Vinaver ne mettait pas de ponctuation, on s’est dit qu’il devait être bon esprit, comme tout membre de l’Entracte qui se respecte.

Sandra : C’est vrai que parmi les différentes pièces qu’on a lues cet été, celle-ci a fait l’unanimité très rapidement. Elle intrigue dès la première lecture… C’est un véritable coup de projecteur sur les dysfonctions d’un système qui déforme  les individus, à tel point que ça en devient drôle. Drôle et intrigant.

Le monde de la télé, votre rêve au théâtre ?

Romain : On s’est d’abord dit que télévision, journalistes, communication, ça allait rappeler notre bonne vieille école du CELSA. Mais après lecture, ce qui nous a convaincu c’est le traitement réservé à la télévision comme prisme social. Telle une tempête elle embarque tout sur son passage. En outre, quand on a vu qu’il y avait un juge, une enquête, un mort… le tout sur une ambiance 80’s, comment ne pas foncer ?

Sandra : Ce monde-là c’est le monde de la télé tel que le montre Michel Vinaver : une télé déformante, qui attise les jalousies, qui se moque, qui séduit, qui effraie et qui surprend. C’est tout cela qui fait la richesse de cette pièce.

Sandra Provasi et Romain Trevisan / photo:  Florent Jarroir & Ugo Schimizzi

Votre histoire avec la troupe : histoire d’une vie ou d’une nuit ?

Sandra : D’une vie… de la nuit. Pour l’instant, on a vraiment l’impression de faire un travail de l’ombre : pierre par pierre, répète par répète, on construit un projet, une histoire tous ensemble. C’est l’histoire d’une vie parce qu’elle nous forme et nous déforme à vie. On est étudiants, on en profite. Il y a peu de chance pour qu’on vive une telle expérience quand on sera « actifs ». C’est trop triste…

Romain : Pour moi, tout a commencé sur un malentendu… avant de devenir une de mes plus belles histoires d’amour : si je suis en retard à un rendez-vous, elle me fait les yeux terribles, si j’en fais passer une autre avant elle, elle me boude, parfois je me dis que je devrais aller voir ailleurs, mais quand elle est loin, elle me manque. Et un jour, je devrai la quitter.

Quelle vision avez-vous de la pièce ?

Sandra : Je n’aime pas lire pour la première fois du théâtre parce qu’une pièce, à la première lecture ne dévoile pas grand chose. On en sort souvent frustré. Et en même temps c’est justement ça qui est passionnant : comment progressivement, la pièce se découvre à nous. C’est du boulot. Et notre ennemi n°1 c’est le manque de temps. Trois mois pour qu’une pièce se révèle, c’est vraiment du speed dating !

Romain : Pour ma part, j’ai tout de suite eu des images très précises de la pièce. Mais je me méfie des premières impressions. Le fait de bosser avec Sandra et de confronter nos idées fait que rien n’est figé et que la vision se construit peu à peu. Les comédiens jouent aussi un rôle primordial dans l’élaboration de la pièce : leurs propositions de jeu, leur spontanéité et leur énergie nous font souvent revoir nos positions de metteurs en scène. Les décoratrices, mais aussi les sons et lumières, et tous les autres individus qui gravitent autour de nous sont là également pour nous nourrir. Bref c’est une œuvre collective. Nous avons fixé seulement un cap à toute la troupe : la FOLIE.

Sandra Provasi et Romain Trevisan / Photo : Florent Jarroir & Ugo Schimizzi

Des déclarations officielles ?

Romain : Nous avons un énorme challenge à relever : celui de perpétuer l’esprit et la qualité des représentations antérieures, et ce dès le mois de décembre. Nous travaillons donc tous à 200 %, de notre équipe communication à nos supers costumières pour vous proposer un moment de pur délire théâtral.
Sinon, notre crédo : le collectif fera la différence, car il est supérieur à la somme des individualités. C’est ça l’esprit de l’Entracte.

Sandra : Ouais. J’vais en parler avec ma mère.

Des révélations, des off ?

Romain : Je ne dirai rien… pour l’instant. Enfin si, l’Entracte c’est propre. Et Damien a un poney.

Sandra : Ok, alors un secret, et un seul : la tomate a besoin de sucre. Ça ça vaut de l’or. Merci Mamie.

Photo : Florent Jarrior & Ugo Schimizzi

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